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Plan Ecophyto I : Bilan national et normand

Initié en 2009, le plan Ecophyto a pour objectif d’amorcer une évolution des systèmes de production agricole actuels vers des systèmes moins consommateurs en produits phytosanitaires. À l’échelle nationale, le NODU (NOmbre de Doses Unités), indicateur de suivi du plan, affiche, pour la première fois depuis sa mise en place en 2008, un léger recul montrant une baisse de 2,7% des ventes de produits phytosanitaires entre 2014 et 2015. Sa valeur moyenne triennale augmente néanmoins de 4,2% entre les périodes 2012-2014 et 2013-2015.

Le plan Ecophyto s’appuie sur plusieurs leviers pour impulser la diminution des produits phytosanitaires, comme la mise en place de réseaux d’agriculteurs. En 2017, plus de 3000 fermes sont engagées dans les réseaux DEPHY (Démonstration, expérimentation et production de références sur les systèmes économes en produits phytosanitaires). Il a également pour objectif d’accompagner 30 000 exploitations agricoles vers l’agroécologie à bas niveau de produits phytosanitaires.
Les résultats observés au sein de ces réseaux sont concluants, et montrent que la diminution du recours aux produits phytosanitaires n’impacte pas les rendements des exploitations. Ainsi, dans les exploitations engagées dans DEPHY, l’utilisation des produits phytosanitaires a été réduite en moyenne de 33 % en horticulture, 25 % en cultures légumières, ou encore 11 % en grandes cultures.
Concernant l’agriculture biologique, les exploitations pratiquant ce mode de production sont en constante augmentation. Elles représentent aujourd’hui 6,5 % des exploitations agricoles françaises contre 3,07 % en 2009, soit près du double en seulement 6 ans.

Au niveau de la Normandie, les conditions climatiques et la pluviométrie importante impactent la quantité de produits phytosanitaires utilisés lors de la gestion des cultures. La région possède par conséquent un Indice de Fréquence de Traitement (IFT) moyen légèrement au-dessus de la moyenne nationale. L’évolution du poste de charges phytosanitaires des exploitations est stable entre les saisons 2013-2014 et 2014-2015. Les ventes de produits phytosanitaires ont quant à elles augmenté entre 2011 et 2013.

Afin d’amorcer la réduction de la consommation des produits phytosanitaires, plusieurs démarches ont été mises en place en région, témoignant de l’enclenchement d’une réelle dynamique de réduction des produits phytosanitaires :

  • La Normandie compte désormais près de 150 fermes engagées dans la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires au travers de 13 groupes DEPHY. Parmi ces 13 groupes, 8 sont inscrits en mode « polyculture-élevage », 4 en « grandes cultures », et 1 en « Légumes » (Plus de détails sur les résultats des réseaux DEPHY normands en suivant ce lien).
  • Un réseau de Surveillance Biologique du Territoire (SBT) a été mis en place en 2009. Il permet la réalisation des Bulletins de Santé du Végétal (BSV). En 2016, 265 BSV ont été publiés, permettant un suivi régional et par filière de l’état sanitaire des productions. Ils permettent ainsi d’informer et d’alerter les producteurs sur les risques de présence de maladies et de parasites.
  • Les utilisateurs et prescripteurs sont mieux formés et informés sur l’utilisation des produits phytosanitaires et leurs dangers. 26 951 certiphyto ont été délivrés entre 2011 et 2015 en Normandie.
  • La formation des futurs agriculteurs a également évolué. L’ensemble des exploitations des Lycées agricoles Normands se sont engagées dans le réseau DEPHY.
  • En 2015, la Normandie comptait 1200 exploitations bio, et les surfaces exploitées en agriculture biologique représentent 3,3 % de la surface agricole utile, ce qui en fait la 9ème région métropolitaine en termes de part du bio dans la SAU régionale.
  • Les acteurs normands s’approprient de plus en plus la thématique du risque pour la santé de l’utilisation des produits phytosanitaires. Un colloque « Phytos : savoir plus, risquer moins » a eu lieu le 8 novembre 2016, afin d’informer les utilisateurs sur les dangers et les précautions à prendre lors de la manipulation de ces produits.
  • Les zones non agricoles ne sont pas en reste. La Charte d’entretien des espaces publics des FREDON comptent aujourd’hui près de 550 signataires en Normandie. L’application de la Loi Labbé au 1er janvier 2017 permettra de tendre rapidement vers le « zéro phyto » dans les collectivités.

Les méthodes de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires s’installent progressivement sur le territoire normand. Les différents acteurs sont de plus en plus sensibilisés aux intérêts économiques, environnementaux et sanitaires de ces changements de pratiques, et s’engagent au quotidien pour des productions durables.

Un plan national Ecophyto II a été lancé fin 2015 ; sa déclinaison en Normandie est en cours. L’année 2017 sera consacrée à l’appropriation d’une nouvelle feuille de route par l’ensemble des partenaires régionaux.